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Retour sur le webinaire « Fondamentaux et méthodes de base de la sûreté de fonctionnement » Actualités Decision Help for Risk Management

Entretiens du Risque 2019
 

"Les Entretiens du Risque", 6è édition, se tiendront les 3 & 4 décembre 2019 au Carré des Sciences à Paris sur le thème :

"Prise en compte de la dimension éthique dans la maîtrise des risques''

Le programme et les inscriptions seront disponibles au mois de mai

 

 

Comme chaque année impaire, et en alternance avec ses congrès « Lambda Mu » les années paires, l’IMdR organisera en 2019 ses rencontres baptisées « Les Entretiens du risque ». Le comité de programme de cette septième édition est placé sous la présidence de Laurence BAILLIF et a commencé à travailler à ces deux journées qui se tiendront début décembre 2019. Les quelques lignes qui suivent sont une première réflexion sur le sujet qui devrait attirer de très nombreux participants. Le programme sera mis en ligne et les inscriptions seront ouvertes à la fin du printemps prochain. Réservez d’ores et déjà ces dates sur vos agendas !

 

  • L’éthique en entreprise – Un sujet d’actualité

L’éthique n’est certes pas un sujet nouveau. Les réflexions éthiques ont en effet accompagné le développement des sociétés occidentales depuis plus de 2 000 ans (cf. Aristote, Descartes, Kant notamment). S’agissant de l’entreprise, ces réflexions portent sur l’entreprise socialement responsable, qui a pris différentes formes au cours des siècles. Au XIXème siècle, le paternalisme a ainsi représenté une forme particulière d’engagement, qui s’est peu à peu effacée et a conduit l’entreprise à se recentrer sur son rôle économique. Aujourd’hui, l’entreprise, reconnue légalement comme personne morale, est au centre des attentions notamment pour les effets externes de son activité économique. Le débat entre responsabilité envers les actionnaires et responsabilité élargie envers les parties prenantes demeure un sujet d’actualité et devient potentiellement une source de risques. Face à cette mise en cause, certaines entreprises ont entrepris une démarche éthique.

 

  • Mais que recouvre l’éthique en entreprise ?

En se distinguant de la morale, qui définit des principes et des lois générales, l’éthique traite des questions relatives à la conduite de la vie individuelle, mais aussi par extension de questions spécifiques telles que l’éthique de la santé, la bioéthique, l’éthique des affaires par exemple et de questions sociales plus générales (éthique animale, éthique environnementale, etc.).  Elle a pour ambition d’indiquer comment se comporter et agir dans l’espace social, pour une situation donnée.

 

L’éthique en entreprise pose la question des principes moraux dans les domaines économiques, environnementaux et sociaux. Deux approches se distinguent : l’approche anglo-saxonne, normative, proche de la notion de morale et l’approche qualifiée d’européenne qui se veut être une éthique plus pratique et positive.

 

Bien que la tendance soit d’intégrer toujours plus ces notions au sein de l’entreprise de façon normative en légiférant (loi Sapin II, rémunération des dirigeants, directive RSE, protection des données personnelles, devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre, objet social de l’entreprise et loi Pacte, …), de nombreuses entreprises développent une éthique d’entreprise et « jonglent » entre impératifs réglementaires et démarche volontaire, intégrant alors l’éthique dans sa raison d’être, ses  missions ou ses objectifs.

 

  • Éthique formelle ou informelle ?

Selon les cas, l’éthique d’entreprise sera formalisée sous la forme d’un code, d’une charte, ou encore d’une lettre d’engagement par exemple. Le plus souvent élaborée à l’initiative de la direction générale, la charte ou le code éthique diffuse la philosophie de l’entreprise, qui grave en quelque sorte ses propres tables de la loi pour que chacun, dans une structure décentralisée, connaisse la doctrine et s’y réfère.

La revue internationale des chartes et codes éthiques, riche d’enseignement, montre cependant des différences notables et permet de dégager des tendances, à savoir une formalisation de type utilitaire aux États-Unis, avec des codes à valeur juridique permettant notamment aux entreprises de réduire le montant d’éventuelles amendes, une vision communautaire au Japon, avec l’adoption de codes s’articulant autour de la loyauté, de la confiance, de l’humilité, du paternalisme et de l’esprit de communauté voire de la « contribution à la nation » et enfin une alternance entre utilitarisme et idéalisme philosophique en France. 

Si la formalisation concerne principalement les grandes entreprises, l’éthique n’est pour autant, pas absente de petites et moyennes entreprises. Dans ce cas, elle se fonde sur la transmission « informelle » des valeurs et sur la culture de l’entreprise.

De plus, certains secteurs travaillent sur une démarche éthique spécifique telle que l’éthique numérique, les ressources humaines, la santé, etc.

 

  • Fondement et efficacité d’une démarche éthique

Quelle que soit la formalisation ou la codification de l’éthique au sein de l’organisation, la question du fondement et de l’efficacité de la démarche se pose. 

 

Assiste-ton à une banalisation du code éthique, à une réponse relevant de la compliance, à l’utilisation de l’éthique comme effet cosmétique, à du greenwashing ou à un mouvement de fond qui donnera un avantage concurrentiel, à long terme, aux entreprises engagées ?

 

Si certaines structures se cachent derrière une éthique d’apparence, d’autres s’interrogent sur les pratiques en vigueur au sein de l’organisation et instaurent un comportement éthique en se dotant d’une stratégie de responsabilité sociale ancrée dans les valeurs et la culture de l’entreprise, qui cerne les situations à risques, recense les bonnes pratiques, développe la confiance des investisseurs, assureurs, parties prenantes et renforce le lien avec employés et clients sans pour autant sacrifier la profitabilité.

 

Dans cette optique, l’éthique choisie par l’organisation, puis déclinée en valeurs, en culture d’entreprise et  en stratégie constitue un cadre de gestion des risques se voulant opérationnel et cherchant à être efficient dans le but de contribuer à une meilleure maîtrise des risques.

 

  • ER 2019 - Prise en compte de la dimension éthique dans la maitrise des risques

Sujet passionnant, mais délicat voire polémique, les entretiens du risque 2019 traiteront de la prise en compte de la dimension éthique dans la maîtrise des risques. Ces rencontres ouvriront le débat sur l’impact de la dimension éthique dans la gestion des risques. Quels apports ? Quelles orientations ? etc. Les ER2019 seront aussi l’occasion de rassembler des décideurs de différents domaines industriels et sociétaux, des experts et des chercheurs pour débattre sur cette problématique.

 

 

 

Laurence BAILLIF

Risks & Crisis, Advalea

 

 

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