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L'histoire des λμ a des origines qui remontent aux années 1950 – 1960 lorsque la fiabilité a émergé en tant que discipline à part entière. C'est à cette époque que les Américains, les premiers, ont compris que la fiabilité représentait une limite à la complexité des systèmes qui débouchaient sur d'énormes calculateurs, des centraux téléphoniques électroniques traitant de grandes quantités d'appels, des systèmes d'armes sophistiqués, des fusées, des satellites...

Sous l'impulsion de quelques spécialistes (les ‘'Anciens'' se souviennent de Igor Bazovski), les Américains ont créé des organismes chargés de mettre en place des actions de prise en compte du paramètre fiabilité. En France, la première manifestation tangible a été la création, en 1962, du Centre de Fiabilité du CNET, en même temps que le terme était accepté à l'Académie des Sciences française.

Le besoin de rassembler les spécialistes du domaine, de plus en plus nombreux, au moins au niveau des grandes entreprises impliquées dans des réalisations de systèmes complexes s'est rapidement fait sentir, et c'est ainsi qu'un premier rassemblement a eu lieu à Grenoble en 1968, sous l'appellation « Colloque international sur la fiabilité des composants électroniques spatiaux ». Ce colloque restait alors limité à un thème spécifique, du fait notamment de la fiabilité limitée des tubes électroniques.

D'autres manifestations ont suivi, sous l'égide de trois centres particulièrement intéressés - le CNES (Centre National d'Etudes Spatiales), le CNET (Centre National d'Etudes des Télécommunications) et le CEA/DAM (Commissariat à l'Energie Atomique/Division des Applications Militaires) – ainsi que de la SEE (Société des Electriciens et Electroniciens), société savante largement impliquée dans les colloques. C'est ainsi que de 1972 à 1976 se sont tenus plusieurs congrès sur les composants, mais aussi sur la théorie de la fiabilité, les développements mathématiques, les plans d'essais, etc. …

L'endroit privilégié, mais pas le seul, pour ces manifestations, était Perros-Guirec, proche du centre du CNET de Lannion. L'amphithéâtre étant situé en bord de mer, on pouvait aisément admirer celle-ci depuis son fauteuil, les rideaux étant tout de même tirés pendant les séances de travail.

Par la suite, on a ‘' prolongé '' les autres composantes de la sûreté de fonctionnement : la fiabilité, la maintenabilité (qu'est-ce, en effet, que la fiabilité d'un système réparable si l'on ne sait pas quels sont les temps de réparation ?), la disponibilité, la sécurité (toutes les défaillances n'ont pas les mêmes conséquences, graves ou légères).

λ étant le symbole de la fiabilité (taux de défaillance) et μ celui de la maintenabilité, l'idée est alors venue de baptiser le colloque devenu périodique (il se déroule tous les deux ans) de λμ , au lieu d'un plus commun ‘'Colloque National de fiabilité et maintenabilité''. Ainsi, le premier colloque λμ a lieu à Paris en 1978, dans les locaux de l'UNESCO. Les colloques se succédèrent ensuite régulièrement dans l'hexagone, à Perros-Guirec en 1980, puis Toulouse, de nouveau Perros-Guirec, puis Biarritz, Strasbourg, Brest, Grenoble, La Baule, Saint-Malo, Arcachon, Montpellier, Lyon. Il est prévu à Bourges en 2004.

Le contenu des congrès a évolué au fil du temps. Le volet ‘'composants électroniques'', prédominant au début, a fait place à des aspects négligés dans les premiers temps de la fiabilité, comme la fiabilité humaine, par exemple, ou la maîtrise des risques. Ce dernier aspect est maintenant devenu prépondérant puisqu'on peut considérer qu'il englobe tout, à partir du moment où la notion de risque est étendue non seulement à l'aspect sécurité, mais à tout ce qui implique l'annulation ou la dégradation du service attendu.

La fréquentation du congrès λμ, essentiellement française à l'origine, s'est progressivement étendue à l'Europe et au monde. Le congrès est ainsi devenu international, avec une mention particulière pour celui de l'année 2002 où il a été commun à la France et à l'ESRA – European Safety and Reliability Association. Les années 1986, 88 et 90 avaient déjà permis d'associer l'ESA (Agence Spatiale Européenne), ainsi que l'ESRA.

Parallèlement à cette évolution des congrès, l'organisation de la sûreté de fonctionnement et de la maîtrise des risques évoluait en France. Du Centre de Fiabilité créé en 1962, on passait à l' Institut de Sûreté de Fonctionnement – ISdF – en 1990, rattaché administrativement au Mouvement Français pour la Qualité (MFQ) puis à l'Institut pour la Maîtrise des Risques et la Sûreté de Fonctionnement – IMdR-SdF – en 2002. Alors que la responsabilité des congrès était du ressort des grands centres nationaux CNES, CNET et CEA, une vingtaine de grandes entreprises voulant montrer l'intérêt réel apporté par la sûreté de fonctionnement se sont progressivement manifesté et ont accepté de devenir des partenaires financiers de l'ISDF. Sans être exhaustif, on trouvait Air Liquide, Alstom, le CNES, Dassault, EDF, France Télecom, MATRA, PSA Peugeot-Citroën, la RATP, Renault, la SNCF, Total-Fina-Elf, etc. …  Après la dissolution de l'IsdF, l'Institut pour la Maîtrise des Risques et la Sûreté de Fonctionnement (IMdR-SdF) qui lui a succédé, assure depuis 2003 la responsabilité complète du congrès avec l'aide de 7 partenaires financiers qui ont accepté de poursuivre l'aventure.

Les congrès se sont améliorés au cours du temps : aux conférences orales se sont ajoutés des ‘'tutoriels'', des ateliers spécifiques, un salon avec stands et démonstrations, des récompenses ( λμ d'or). Actuellement, chaque congrès est un ensemble complet où plusieurs centaines de spécialistes (et des personnes simplement ‘'intéressées'') trouvent un grand intérêt à apprendre et à échanger.

Ajoutons enfin que ces congrès impliquant au départ essentiellement des ingénieurs dans le domaine de la l'électronique ou de la mécanique se sont progressivement ouverts aux domaines tels que l'informatique, la santé, l'alimentation, et même la sociologie avec les aspects fiabilité humaine.