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La maîtrise des risques des systèmes complexesHaut de page
La deuxième moitié du 20ème siècle nous a vus confrontés à une évolution des objets technologiques passant du relativement simple pour le technicien ou l’ingénieur au relativement compliqué, mettant en exergue l’importance de la vision système, de la gestion des interfaces et de la composante facteurs humain et organisationnel pour être capable de maîtriser ces objets, aussi bien en matière de conception, de réalisation que d’exploitation et de maintenance.

La fin du siècle dernier s’est caractérisée par l’évolution du compliqué vers le complexe et de l’objet technologique vers le système sociotechnique.

Si un système peut être défini comme un ensemble d’éléments en interaction dynamique organisés en fonction d’un but, sa complexité pouvant être caractérisée par le nombre élevé d’interactions entre les entités, ceci le rend difficilement modélisable et donc d’évolution difficilement prévisible. On peut également retenir une caractérisation plus "simple" de la complexité, en disant que nous nous trouvons face à un système complexe quand nous ne pouvons plus identifier une seule et même personne qui en ait à la fois une vision globale et une vision précise.

Nous nous trouvons ainsi, en ce début du 21ème siècle, face à une complexité croissante des technologies, des méthodes et processus de conception, des systèmes de production, des méthodes et moyens d’exploitation, de maintenance et même de déconstruction. L’accroissement de la complexité sur l’axe technique s’est fait conjointement à l’apparition de complexité sur de nouveaux axes, organisationnel et juridique par exemple.

Il suffit de lister les nombres d’entités qui interviennent pour concevoir, produire, maintenir un avion ou "tout simplement" une automobile moderne.

Face à la croissance de cette complexité, la maîtrise des risques doit faire évoluer ses pratiques, ses démarches de conception et de validation des décisions à prendre face aux nouveaux challenges posés par les différentes phases du cycle de vie de nos systèmes.

Les démarches de sûreté de fonctionnement initialement focalisées sur l’objet technique ou sur le livrable d’un projet, dans une optique de sûreté intrinsèque, ont dû rapidement prendre en compte un environnement de plus en plus large autour de cet objet technique. Les composantes humaine, économique, industrielle, logistique, organisationnelle, environnementale, culturelle, les risques liés au projet lui-même entrent par nécessité dans le champ de la maîtrise des risques.

Nous ne pouvons plus nous contenter d’utiliser nos bonnes vieilles démarches de sûreté de fonctionnement qui ont certes fait leurs preuves comme compléments aux processus "classiques" de conception et d’aide à la décision, même en les faisant évoluer. Il nous faut prendre une nouvelle dimension : concevoir sûr, robuste et durable, quelle que soit la nature du système, quel que soit le type d’activité.

Concevoir sûr peut s’appliquer à un composant, un équipement, un système mais aussi à un modèle de production, de maintenance, d’exploitation… Par conséquent il s’agit bien toujours de concevoir sûr, mais concevoir d’autres types d’objets auxquels la SdF n’est pas forcément "habituée". Le virage est d’ailleurs déjà pris pour la conception des systèmes électriques et électroniques, et il nous faut travailler dans ce sens. C’est là un nouvel enjeu de complexité, le changement de paradigme : produire sûr, exploiter sûr, maintenir sûr, etc., en y intégrant complètement la dimension maîtrise des risques aussi bien dans ses enjeux sécuritaires qu’environnementaux, économiques et sociétaux.

Les démarches et méthodes de sûreté de fonctionnement ont régulièrement élargi leur domaine d’application et peuvent encore le faire dans des domaines aussi différents que la gestion des protocoles thérapeutiques, l’évolution des organisations, la stabilité des systèmes financiers,…

Inversement, de nouveaux domaines sont à explorer et de nouvelles méthodes à développer qui pourraient être transposées à partir d’autres approches disciplinaires telles que la neurologie, la génétique, les différents champs de la physique, … Devons-nous et pouvons-nous établir des règles de management de la complexité en observant les systèmes sous des regards différents ?

C’est notre nouveau challenge : gérer la complexité pour en utiliser toutes les ressources en maîtrisant l’ensemble des risques. Ceci implique de :
 • Faire évoluer nos démarches : REX des succès des nouvelles méthodes lorsqu’elles se sont révélées efficaces, mais aussi REX des approches peu efficaces.
 • Faire en sorte que ces nouvelles démarches aillent au-delà du cercle restreint de leurs spécialistes pour devenir des outils de base pour les équipes de conception.
 • Permettre d’affronter des dangers et des nouveaux défis tout en maîtrisant efficacement leurs risques, ce qui contribue ainsi au développement de l’innovation.
 • Généraliser et homogénéiser entre industries, en déclinant selon les enjeux, mais en gardant la cohérence et une compréhension partagée.

Les derniers Lambda Mu avec leurs thèmes « Innovation et maîtrise des risques » et « Les nouveaux défis de la maîtrise des risques » nous y ont préparés.

Les communications attendues seront le reflet des travaux et réflexions des participants pour rendre nos systèmes plus sûrs. Elles traiteront aussi bien des dimensions techniques qu’organisationnelles et de la coopération de ces deux dimensions, sans oublier les interactions avec les aspects humains et financiers. Nous invitons les industriels, investisseurs, ingénieurs, consultants, spécialistes des analyses de sûreté de fonctionnement, de risque et de crise, autorités de tutelle, universitaires, chercheurs, étudiants à venir témoigner de l’état d’avancement de leurs travaux et présenter sans complexe les nouvelles approches de maîtrise des risques. Ils trouveront ci-après les différentes thématiques et les domaines techniques dans lesquels ils pourront s’exprimer.

Il va de soi que ce congrès fera une large place à tous les secteurs d’activités qui œuvrent et innovent pour la maîtrise des risques : aérospatial, assurances, agroalimentaire, biotechnologie, chimie, énergie (pétrole, gaz, nucléaire, renouvelable), environnement, génie civil, informatique, mécanique, militaire, exploitations offshore et onshore, pharmacie, santé, télécommunications, transports (aérien, spatial, routier, ferroviaire, maritime).

Jean-François BARBET
Président du comité de programme