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Bonjour à tous,

Au nom du Comité de programme, je vous souhaite la bienvenue à notre congrès λμ 16 en espérant ardemment qu'il réponde à vos attentes.

Je voudrais dire seulement quelques mots, d'une part sur le thème de notre congrès puis sur son programme ou plutôt sur les objectifs qui ont permis de construire ce programme.

Partie 1 – Le thème

Notre congrès se situe dans la continuité des précédents.

Nous avons montré à Bourges avec le thème « risques et opportunités » que le risque pouvait avoir une image positive: le risque est un ensemble d'opportunités entre lesquelles il faut choisir.

A Lille, avec le thème « risques et performances », nous avons vu que les entreprises ne peuvent être performantes que si les risques sont bien maîtrisés et que la maîtrise des risques n'est pas, contrairement à une idée reçue, antagoniste avec les performances.

Aujourd'hui , en 2008, le mot risque est dans le langage courant, mais la mise en pratique de la maîtrise des risques n'est pas si répandue.

D'une part, le principe de précaution, les poursuites en justice, l'amplification médiatique nous conduisent vers la mise en place de solutions classiques, dont on connait les aléas et les conséquences, ou au refus du risque, ou au pire vers l'immobilisme.

En même temps, la mondialisation, la concurrence, les exigences de réduction des coûts nous poussent à rechercher des solutions toujours plus innovantes, dont on n'a pas l'expérience, dont les conséquences ne sont pas bien établies.

La tourmente financière actuelle semble être un exemple de prise de décision et d'engagement d'actions où l'objectif de recherche de profits à très court terme (peut-être pour répondre à des besoins réels de croissance et d'innovation financière) a abouti à des pratiques bancaires dont on n'a pas su (ou voulu) évaluer les risques ou au mieux dont on a sous-estimé les risques. Par contre, il semble que toutes les compétences étaient réunies pour transférer les risques, mais qu'elles sont très limitées en matiére de gestion de crise. Il faut noter que l'analyse de risque suppose qu'une personne raisonnable puisse évaluer les risques en toute circonstance, ce qui est difficile étant donné les vicissitudes de l'existence, les évolutions de l'environnement, les pressions, les informations disponibles et leur interprétation.

Ainsi, on est souvent confronté à une double pratique, à une logique de tout ou rien, à deux extrêmes :
d'un côté :
le refus de tout progrès, le frein à l'innovation, l'immobilisme,
de l'autre : l'appât du gain et la prise de risque incontrôlée pouvant conduire à la catastrophe.

Ce problème est d'autant plus aigu que nous vivons une période de transition, de rupture (pour prendre une expression à la mode) que l'on peut comparer, il me semble, au tout début de la Renaissance ( cela correspond à la période qui débute dans les environs de la prise de Constantinople (1453)). Une mondialisation était alors en cours, amenée par le progrès scientifique et technologique (l'art de la navigation, l'architecture navale, les astrolabes, les portulans, ...). C'est la période des grandes découvertes maritimes, la conquête des grands océans et du nouveau monde, le développement du transport maritime, l'arrivée sur le marché européen de produits nouveaux venant des pays lointains (l'Amérique du Sud, l'Inde, la Chine), la circulation des personnes, des biens, des capitaux, des richesses, des marchandises, des idées, de l'humanisme, le développement d'une nouvelle technologie de l'information ( l'imprimerie), le développement des riches cités italiennes, des universités, une nouvelle dimension pour un monde qui était étroit et cloisonné, une nécessaire adaptation des organisations politique, économique, administrative,.. . , l'effondrement des grands ensembles, la remise en question des structures sociales.

A l'époque comme maintenant , pour survivre, pour répondre aux nouveaux besoins, pour combattre la concurrence économique , il faut s'adapter, toujours plus innover , toujours plus créer, mettre en oeuvre des solutions jamais expérimentées .

Mondialisation, ouverture des marchés, incertitudes, recherche de la rentabilité financière à court terme, refus du risque, mais aussi progrès scientifique et technique, innovation, création, imagination sont devenus les grandes tendances de notre monde. L'émergence de nouvelles entités économiques, la modification des structures de la société, les préoccupations de santé – environnement, de développement durable, d'éthique font que notre discipline, la maîtrise des risques et la sûreté de fonctionnement, est devenue incontournable pour répondre à la fois à la nécessité de l'innovation et au refus de la prise de risques incontrôlés. Je crois donc (je suis convaincu) que notre discipline a un bel avenir.

C'est pour ces différentes raisons que le comité d'organisation du λμ 16 a choisi ce thème des « nouveaux défis de la maîtrise des risques ».

Notre programme a donc pour ambition de tracer les orientations futures de la maîtrise des risques , de montrer de nouvelles démarches, de relever les nouveaux défis qui se posent déjà aujourd'hui avec acuité mais aussi ceux de demain qui se poseront à nous tous.

Partie 2 – Le contenu, quels sont les objectifs?

Objectif 1- les défis

Les présentations qui ont été sélectionnées par le comité de programme parlent de ces défis, quelquefois les relèvent ou les évaluent ou suggérent des actions ou des pistes de R&D qu'il faudrait engager dans les prochaines années. Tel est notre premier objectif.

Les sessions conférences que vous allez suivre sont consacrées:

  • soit à l'approfondissement des connaissances dans des sessions traditionnelles comme: méthodes et outils de la SdF, gestion des risques projets, fonction maintenance et optimisation , ...
  • soit au développement de nouvelles thématiques comme (en les citant en vrac): signaux faibles et accidentologie, défis des technologies innovantes, gestion des risques environnementaux, sécurité et sûreté des structures, perception du risque et communication, santé-sécurité au travail, ...

15 sessions sont consacrées à l'approfondissement, 17 sessions sont consacrées aux thèmatiques nouvelles.

Objectif 2 – la collaboration recherche-industrie

Toujours dans ce cadre, avec cette volonté de relever les défis, après avoir exploité le retour d'expérience de Jean-Louis Bon à Lille, nous avons renouvelé l'expérience lilloise par l'organisation de sessions recherche et industrie où les meilleurs travaux de collaboration recherche -industrie seront présentés.

Chacune des communications des sessions 6A et 7A « recherche & industrie » sera présentée en duo par un industriel et son doctorant associés. Deux prix IMdR « innovation » et « vulgarisation scientifique » seront décernés. Olivier Gaudoin de Grenoble et Pierre-Etienne Labeau de Bruxelles animent le jury d'attribution de ces prix.

En cette période où beaucoup de prestigieux enseignants sont sur le point de quitter la vie active, nous avons souhaité faire connaître les jeunes professeurs au monde industriel et la plupart des sessions sont présidées par un industriel et un universitaire.

Objectif 3 , hommage, mémoire et prospective

Jean-Claude Ligeron , dans ses dernières réflexions et ses derniers travaux, nous a aussi lancé des défis en nous recommandant de nous inspirer d'autres sciences , d'autres univers (la biologie, la thermodynamique, la mécanique quantique,...) pour modéliser un système complexe socio-technique . Jean-Claude estimait que notre domaine de maîtrise des risques stagnait et il voulait clairement aborder de nouvelles approches systémiques. Pour l'instant, je ne pense pas que son message ait encore été suivi.

Néanmoins , déjà sur le seul aspect algorithmique, qui est d'ailleurs plus une approche composant que système, je crois que l'on peut dire que ses intuitions étaient bonnes: on peut citer par exemple, l'utilisation des réseaux neuronaux pour l'analyse du retour d'expérience, les algorithmes génétiques pour l'optimisation de la gestion d'un actif ou l'allocation d'objectifs de SdF ou encore l'optimisation de la maintenance en milieu hostile, l'utilisation du concept de l'entropie pour le traitement de l'information d'expertise, l'optimisation par colonies de fourmis.

La session 8A « De nouvelles voies en maîtrise des risques » lui rend hommage, à ses travaux, à ses idées prospectives. Je souhaitais que cette session soit présidée par une personne à la pointe des activités de maîtrise des risques et par un compagnon de Jean-Claude Ligeron. Je remercie vivement Emmanuel Arbaretier et Philippe Leclercq d'avoir accepté cette présidence. Cette session est à elle seule un défi pour l'avenir. Un gros travail de réflexion me semble néanmoins encore nécessaire.

Objectif 4 – Ouverture à l'Europe

Une session 1A est spécialement dédiée aux projets européens et aux groupes de travail européens. Elle répond à la volonté d 'ouverture européenne de notre congrès, à la volonté d'inciter les industriels et les universitaires de participer plus aux travaux européens. Il s'agit de montrer quelques belles réalisations européennes , les retombées de ces travaux , sans cacher leurs difficultés.

Objectif 5 – innovation et tradition

Les sessions interactives, préparées par le comité de programme, entre autres par notre collégue Patrice Kahn, sont innovantes. Sur les recommandations du λμ de Lille, nous avons voulu les privilégier, leur donner un temps, leur affecter des présidents, faire en sorte que chacun puisse voir et écouter toutes les conférences interactives relatives à son domaine d'expertise. Les communications affectées aux sessions interactives sont celles qui ont été jugées, par leur contenu, plus adaptées à un échange avec les participants: étude de cas, démonstration d'un outil, .... Cette année, je vous assure qu'il ne faut pas les rater. Un retour de votre part sur leur déroulement nous est essentiel.

Les activités traditionnelles demeurent: les ateliers (tous planifiés ce mardi soir), l'exposition industrielle (mais là aussi nous avons voulu innover par l'instauration de rendez-vous professionnels), les visites techniques (vendredi matin, n'oubliez pas de vous inscrire), les λμ d'or. Quatre, maintenant célèbres, λμ d'Or seront décernés: les prix de la meilleure communication « méthode et industrie » interactive et orale, le prix du public et enfin le prix du nouveau défi qui récompensera une communication orale ou interactive qui sort du lot par son caractère innovant voire même audacieux, bref qui prend des risques . A ce propos, n'oubliez pas de voter, chaque jour, pour la communication qui vous semble la meilleure, pour l'attribution du λμ d'or du public.

Objectif 6 – culture et fête

Enfin, ne négligeons pas l'aspect culturel, le cadre architectural unique (avec un message personnel, je suis très heureux d'accueillir dans ce Palais des Papes mon collégue romain), l'histoire, le charme de cette vieille cité d'Avignon, et n'oublions pas nos 30 ans:

  • à la fois pour l'aspect technique (c'est grâce aux travaux du passé que peut se construire l'avenir, c'est grâce à nos anciens que nous pouvons progresser toujours et toujours plus; « l'âme qui prévoit l'avenir se rappelle le passé » disait Cicéron),
  • mais n'oublions pas non plus l'aspect festif (30 ans est un bel anniversaire qui se fêtera comme il se doit et qui, comme l'a promis Guy Planchette, devrait nous réserver quelques surprises; les activités liées à l'anniversaire sont programmées demain mercredi à 17h30 et commencent par la table ronde, suivie immédiatement par la soirée).

An nom des membres du comité de programme je vous souhaite un congrès agréable et riche d'enseignements.

Je pense que la qualité des contributions et des interventions, mais aussi de notre écoute est le meilleur hommage que l'on puisse rendre à Jean-Claude Ligeron.

Merci de votre attention.

André Lannoy
Président du Comité de Programme