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EditorialHaut de page

 

Maîtriser les risques dans un monde en mouvement

 

Le monde change, et avec lui les organisations, les technologies, les mentalités … Tout se modifie de façon lente, rapide, voire brutale. Il peut s’agir de changements sous forme :

  • d’évolutions (transformations) lentes à l’échelle de l’observation, parfois presque imperceptibles (phénomènes d’usures, de modifications lentes de processus de travail, de représentations, changements climatiques ...),
  • de changements rapides exigeant des capacités quasi-immédiates de réponse ou d’adaptation (technologies de l’information et de la communication, santé, géopolitique …),
  • de ruptures avec l’existant par l’arrivée de nouvelles technologies, de nouvelles réglementations (ou l’absence de réglementation), d’exposition à des menaces ou possibilités d’agressions externes brutales, environnementales ou humaines ...

Les systèmes et leur environnement évoluent donc en permanence et ces évolutions, parfois difficilement prévisibles, sont porteuses de fortes incertitudes.

Si ces transformations peuvent offrir de véritables opportunités, elles ne sont pas sans conséquences sur la maîtrise des risques. Il n’est plus possible de la concevoir en se limitant à une vision des risques à un moment donné. Il faut au contraire imaginer des évolutions possibles des technologies, des contextes, des cultures, des organisations conduisant à transformer, voire à faire apparaître de nouveaux dangers ou de nouvelles opportunités en les projetant dans un horizon d’avenir incertain …

Ces modifications impactent le processus complet d’analyse de risque, d’identification, d’évaluation, de quantification, de hiérarchisation et de traitement des risques, y compris leur mise à jour au cours du temps, tout au long du cycle de vie. En effet, c’est la représentation systémique que nous nous faisons du risque qu’il convient de réévaluer. Cela inclut à la fois l’objet et son contexte. Par exemple, le contexte de mise en œuvre des actions de maîtrise des risques peut subir des changements susceptibles d’affecter profondément l’efficacité attendue de ces actions :

  • évolution dans les motivations ou les aptitudes des opérateurs et, par suite, modification de leur comportement,
  • contraintes organisationnelles nouvelles modifiant les temps de réponse ou la disponibilité d’informations nécessaires pour la réalisation des actions ...
  • contraintes techniques liées au vieillissement, à l’obsolescence, à l’arrivée de nouvelles technologies, mettant en cause la fiabilité, la durabilité et la gestion des actifs industriels,
  • contraintes économiques remettant en question les marges de sécurité acquises,
  • effets des évolutions liées au marché et à l’environnement sociétal,
  • bouleversements sociologiques ou géopolitiques.

Si ces changements peuvent générer de nouveaux types de risques, ils peuvent aussi induire une modification de la criticité de ceux existants, par une évolution des connaissances techniques, l’accroissement de l’expérience, l’apparition de nouveaux comportements, une autre organisation, une réglementation plus sévère, des modifications climatiques … Or la criticité initiale perçue influe sur une chaîne conséquente de prises de décisions qui oublie parfois les hypothèses de travail …

Les évolutions peuvent mettre en cause jusqu’à l’acceptabilité des risques, au travers de modes de diffusion et de partage de l’information révolutionnés par les réseaux sociaux, notamment, qui perturbent l’échelle d’évaluation des risques perçus, par exemple en amplifiant des phénomènes de résonnance.

Quels que soient les types de changements ou de transformations, comment appréhender les risques, comment les prévenir, comment les traiter ? Est-ce que les modes d’action sont identiques quelles que soient les formes de changement ? Comment s’assurer de la pertinence du processus de maîtrise des risques tout au long du cycle de vie d’un système sociotechnique, dans un contexte où tous les paradigmes peuvent être peu ou prou remis en cause ? Saurons-nous réévaluer les méthodologies d’analyse de risques et de sûreté de fonctionnement elles-mêmes, lorsqu’elles sont élaborées sur la base de technologies ou de référentiels, quels qu’ils soient, devenus progressivement ou partiellement obsolètes ? Quand et comment pourra-t-on parler de « résilience aux changements » ?...

La 20e édition du congrès Lambda Mu montrera comment nos métiers et nos disciplines de la maîtrise des risques et de la sûreté de fonctionnement abordent ces questions au travers de démarches méthodologiques, d’applications industrielles, d’outils, et quelles réponses elles apportent dans tous les secteurs d’activités.

 

Emmanuel Lardeux, Air Liquide

Président du Comité de Programme